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Dezembro 2009

Dezembro 01, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

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É velho o ditado que daqui nada se leva além da vida que levou. O corpo é matéria orgânica, após a morte é enterrado e se decompõe por completo. Mas se não se leva nada então é bom deixar boas lembranças e recordações, como: o que foi escrito num papel; as fotografias; os bons momentos; os parentes e amigos; o amor e carinho; a árvore que plantou; o desejo de uma vida melhor para seu semelhante e para aquele necessitado de um órgão, não é mesmo?
Está de volta à agenda nacional a doação de órgãos. Alguns acham polêmico o assunto. Convicções religiosas, medo e falta de esclarecimento são só algumas das razões para que o sucesso na captação de órgãos seja pequeno.
Eu penso diferente. Penso que é uma questão humanitária. Doar órgãos deveria ser algo natural, nas situações clínicas em que é possível fazê-lo. E que o Estado deveria ter campanhas permanentes e hospitais capazes de atender a demanda dos que querem doar órgãos, pois é sua a responsabidade por milhares de vidas que estão na fila dos que necessitam de um órgão para transplante.
Quando se chega a necessitar de um transplante, não tem mais remédio. Somente outro órgão no lugar será possível a retomada das funções "normais", as custas de medicamentos contra a rejeição pelo resto de sua vida.
No entanto, é imensurável a felicidade de uma pessoa que está no "corredor da morte", pela necessidade de um órgão vivendo ou vegetando a sorte de máquinas, transfusões, medicamentos e etc., então, aparece uma família de bom coração e anuncia o desejo de dar sobrevida aquele seu semelhante.
"A vida é feita de conversas. Basta uma para salvar vidas". Assim, é preciso que se fale com os familiares. Anuncie o desejo de ser um doador de órgãos e que essa vontade seja respeitada, quando da constatação da morte.

Mais sobre a campanha de doação de órgãos, acesse: Ministério da Saúde

 

Imagem da campanha de doação de órgãos do Ministério da Saúde.

referência: quadradeesporte.blogspot.com

Palavras-chave: Ministério

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Dezembro 02, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

Palestrando

 

 

La République Des Lettres

Edgar Morin
Détours D'écriture


Science, Poésie, Société. Entretien avec Edgar Morin

Détours: Edgar Morin, êtes-vous encore un peu un "oustsider", où est-ce que vos idées et votre approche ont désormais acquis droit de cité?

Edgar Morin: J'ai l'impression que je suis encore un outsider. Mais les murailles de la cité ont des brèches très grandes, et certains de ses habitants m'en reconnaissent la pleine citoyenneté. Disons que je suis encore un marginal. J'ai un pied dedans et un pied dehors. En tant qu'individu, beaucoup de membres de la cité, de l'Institution -- je parle aussi bien d'institutions scientifiques, du CNRS, des sciences physiques -- pensent que ce que je fais est intéressant, s'y intéressent, croient que c'est fécond. Mais ce ne sont pas les corporations en tant que corporations, incontestablement... Je ne suis pas détruit ou rejeté. Je pense qu'il y a vingt ans, les propositions que je fais auraient été immédiatement détruites parce que mon discours choque trop -- bien qu'il n'ait absolument rien de choquant! -- dans sa façon de décompartimenter le réel, de décompartimenter les disciplines, de penser que si l'on est scientifique, on n'est donc pas philosophe, que si l'on est philosophe, on n'est pas scientifique, que si l'on s'occupe des sciences humaines, cela n'a donc rien à voir avec les autres sciences, etc. Ce que je fais, c'est pourquoi on n'arrive pas à me cadrer, se situe dans les trous qui sont entre les disciplines, entre les structures du savoir. Je suis dans les trous, car les problèmes qui m'intéressent sont dans les trous, et, en même temps, je suis un nomade. Je ne me situe pas exactement là où l'on veut que je sois, puisque je bouge. Cela crée de grandes difficultés, du point de vue de ceux qui ont la vision apprise ou la vision dominante par rapport à ma propre action. Ceci dit, mon statut n'est ni celui du martyr, ni celui du maudit, n'est-ce-pas? Mais j'aurais pu être maudit!...

Détours: Vous êtes quelqu'un qui décloisonne le savoir, c'est-à-dire un type d'opérateur culturel et scientifique à la fois que nous n'avons pas vu depuis assez longtemps, depuis la Renaissance peut-être. Sous quelles conditions pourrions-nous voir émerger à nouveau davantage d'opérateurs globaux, ou de spécialistes du décloisonnement de votre espèce?

Edgar Morin: Si je m'analyse, je constate que je suis quelqu'un qui a subi un très faible imprinting culturel. je crois que ça tient d'abord aux conditions qui furent celles de mon enfance, de mon éducation. Je fus très autodidacte tout en suivant pourtant en pratique l'université. Mais je suis quand même resté un universitaire inachevé parce que j'ai quitté l'Université pour entrer dans la Résistance, c'est-à-dire pour rentrer à l'école de la Vie et de la Mort. j'ai fait les deux. Ce qui, en effet, me frappe en moi-même, c'est que je ne me laisse pas intimider. Par exemple, à l'époque où régnait le dogme "la Culture c'est le contraire de la Nature", ou "on ne peut penser la Culture qu'en rejetant la Nature", cela m'a toujours semblé faux. Je ne veux pas dire que la Culture c'est la Nature, mais vous savez bien que l'objet de mon travail est de montrer que ces deux notions peuvent être pensées ensemble, à la fois dans leur antagonisme et dans leur solidarité. Je vous dis ceci pour en venir à quoi ? Pour vous expliquer que, dans le fond, j'ai faiblement subi l'inhibition et l'intimidation culturelles -- disons "culturelles universitaires dominantes" -- et que je crois qu'aujourd'hui le drame est dans une sorte de résignation fantastique à l'ignorance. On dit "voilà, la science est morcelée en disciplines, il y a une somme de connaissances fabuleuse qu'aucun esprit ne peut engranger. Encore au XVIIe siècle il y avait Leibnitz, Descartes, et d'autres qui détenaient tout le savoir de leur époque. Aujourd'hui c'est absolument impossible, les spécialistes peuvent à peine penser leur spécialité. Pourquoi vouloir même essayer de penser..." Alors, à celui qui dit "je vais quand même essayer", on rétorque "vous êtes un imbécile, vous n'arriverez qu'à des connaissances superficielles". On rit de lui avant même qu'il ne commence, et on parie alors sur la renonciation, sur l'intimidation, et il arrive un moment où l'on est inhibé, et l'on accepte. Mais moi, je ne me suis pas trop laissé intimider, et pour que ce soit possible, je crois qu'il faut développer les autodidactismes. Si mon exemple est bon, il peut encourager justement. Je crois que si un esprit moyennement doué come le mien -- ceci est dit comme je le pense, sans aucune modestie, j'ai des aptitudes moyennes à la synthèse, des aptitudes moyennes à l'analyse, enfin des aptitudes variées mais aucun don particulier -- si un esprit moyen comme le mien peut, avec de la bonne volonté, avec de l'énergie, réussir à démontrer que l'impossible est quand même possible, alors cela peut jouer un rôle d'encouragement. Mais il ne suffit pas, évidemment, d'un seul exemple de désinhibition. Il faut aussi, je crois, montrer que l'on peut progresser par le contrôle de zones stratégiques importantes dans le savoir. Par exemple toute la théorie de l'organisation: on peut voir les différents types d'organisation qui existent, dont l'organisation biologique par exemple, et à ce moment-là pouvoir couvrir des champs différents du savoir sans tomber dans les trappes de la spécialisation. Donc, je crois qu'un tel développement est possible, mais qu'il dépendra d'un certain nombre d'éléments qui viendront, pour me résumer, d'une part d'initiatives individuelles, mais d'autre part aussi, et corrélativement, d'une transformation dans les conditions de la connaissance. C'est pour cela que j'accorde une si grande importance à la cybernétique de Norbert Wiener, parce qu'à un moment donné, la simple notion de rétroaction, de feed-back négatif, peut faire comprendre des phénomènes de régulation qui ont lieu à la fois chez des machines artificielles, dans les astres comme le soleil, et dans des organismes vivants (l'homéostasie). Voici donc une notion qui permet de comprendre des systèmes différents, sans effacer leurs différences.

Détours: J'ai l'impression que, dans les sciences, nous sommes passés d'une façon temporelle, linéaire, de voir les choses, à un modèle complexe, circulaire, rétroactif, qui se traduit peut-être mieux en termes sociaux ou subjectifs par des métaphores spatiales.

Edgar Morin: Je crois que c'est encore prématuré de dire que nous sommes déjà passés à un modèle complexe. Le modèle complexe n'existe pas encore. Mon travail est d'être l'un de ceux qui contribuent à le reconnaître, voire à l'élaborer. Ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a une crise de l'ancien modèle linéaire, monocausaliste, déterministique, mécanistique, etc. Ce modèle est en crise, et c'est l'appel vers le nouveau modèle qui est le problème aujourd'hui.

Détours: Entre les façons de voir de la science nouvelle et notre façon de réagir aux évènements, et notamment d'observer et de concevoir le changement culturel et social, y-a-t-il encore un grand décalage?

Edgar Morin: Vous savez, cette science nouvelle est comme le nouveau modèle: complexe. Le drame est que, dans le cadre des sciences sociales, des sciences de la culture, on veuille encore appliquer l'ancien modèle mécaniste des sciences physiques. On voudrait croire que le changement social est un changement massif et central alors qu'il y a deux idées très importantes à dégager: tout d'abord, le changement commence toujours par une déviance, et nous le voyons maintenant de façon éclatante dans la théorie de l'évolution biologique où, en quelque sorte, l'évolution n'est jamais un mouvement frontal de la vie. La vie est née d'une source peut-être unique. Il y a ensuite eu un phénomène de buissonement, mille rameaux, puis des rameaux de rameaux. Chaque être nouveau, qui va fonder une espèce nouvelle, est un déviant, que ce soit à la suite d'une mutation génétique ou d'une réorganisation chromosomique. L'une des évolutions a été celle qui est passée par les vertébrés, par les mammifères, les primates, les hominiens, et nous. Mais il y a eu d'autres évolutions qui sont végétales, et d'autres évolutions qui sont animales. Avec toujours le même processus: une déviance qui, si elle se consolide, devient une tendance. Dès ce moment, l'ancienne orthodoxie se déssèche ou meurt. Alors, c'est là une notion importante, le départ du changement se trouve dans le déviant. Souvent, le départ est microscopique, porté par un individu ou un petit groupe. Puis les changés/changeurs se multiplient est les changements deviennent alors visibles à l'oeil nu. C'est là une première idée, à retenir. La seconde idée est qui faut accorder à l'aléa, l'accident, l'évènement, un rôle dans le changement. Regardez le problème de la très rapide disparition des grands sauriens de l'ère secondaire, les dinosaures, etc. Jusqu'à présent on avait une explication apparemment rationnelle (que je partageais) selon laquelle ces grands sauriens devenaient de plus en plus gros, lourds et impotents, alors que l'avenir a joué en faveur des mamifères polyvalents et polymorphes. Mais aujourd'hui, de multiples indices laissent à penser qu'à cette époque un gros météorite est tombé sur la terre, créant une sorte de nuage qui a recouvert toute la planète, causant des dévastations extraordinaires. La végétation a été atteinte, et ces énormes sauriens végétariens qui avaient besoin d'immenses quantités de végétaux se sont retrouvés sans nourriture. Par contre, les petits mammifères et les charognards ont pu survivre au cataclysme. L'idée que cela peut être un cataclysme qui a favorisé notre développement fait rêver. En ce qui concerne le problème de l'évolution et du changement, il n'y a pas de loi de l'histoire qui nous dise ce qui va se passer. Nous savons très bien aujourd'hui que s'il y avait des lois on pourrait faire des prédictions.

Détours: Venons-en à la poésie. De nos jours, la poésie, l'écriture poétique, est devenue un art souterrain, élitaire, minoritaire, presque privé. Dans la nouvelle perspective que vous énoncez, quelle place serait-elle désormais appellée à occuper dans la société? A quelle place de travail sur le langage des poètes, ou la poésie elle-même, pourront-ils désormais prétendre?

Edgar Morin: Je crois, comme le disaient Lautréamont et les Surréalistes, que la poésie n'est pas seulement ce qui est écrit sous forme de poésie, mais que la poésie concerne aussi la vie. Dans le fond, de même que tout homme a potentiellement en lui à la fois un génie, un criminel et un fou, je crois que tout homme a potentiellement en lui un poète. Poésie et prose sont les deux polarités de la vie primaire. Du côté de la poésie il y a l'admiration, l'émerveillement, l'extase, l'amour. Je crois que le tissu même de la vie est un mélange de prose et de poésie. Notre façon même de penser est un mélange de prose et de poésie, et nous ne nous en rendons pas compte. Comme nous vivons dans une société techno-bureaucratique, nous voulons chasser de notre mode même de penser tout ce qui est poétique. Nous ne voulons avoir que de la prose. Or le fontionnement du cerveau humain ne se fait pas sur le modèle d'un ordinateur digital. Il fonctionne aussi de façon analogique, métaphorique, poétique. Nos rêves sont poétiques par essence. Ceci dit, nous voyons nécessairement, je dirais dans le quotidien, la poésie sertie dans la prose, comme il y a des paillettes de diamant dans la boue. Je crois que c'est la vie elle-même qui est ainsi faite.

Détours: Ce retour au sujet dans les sciences que vous énoncez, et notamment dans les sciences sociales, cette prise en compte fondamentale de l'irrationnel, de l'imaginaire, de la transcendance dans le processus de changement social, ce qu'on pourrait appeler la fonction poétique, ne représentent-ils pas un nouveau départ, une nouvelle importance, une nouvelle chance de reconnaissance pour le travail des poètes?

Edgar Morin: Tout d'abord, je vous dirai que je ne saurais pas répondre à la question finale. Je crois qu'il faut distinguer deux choses. En premier lieu, le retour du sujet dans les sciences humaines et les sciences sociales est absolument nécessaire et, dans certains cas, il apparaît déjà comme évident et manifeste. Dans les sciences physiques, ce qui est intéressant, c'est le retour de l'observateur, mais l'observateur n'est pas exactement le sujet. Ainsi, par exemple dans les relations d'incertitude de Heisenberg, l'observateur pertube le phénomène qu'il étudie. Mais cet observateur est plus ou moins interchangeable. Enfin, il faut qu'il soit un être humain ! ce n'est pas en tant que sujet individuel qu'il joue un rôle, c'est en tant qu'observateur. Si vous réflechissez, derrière cet observateur interchangeable, il y a un sujet collectif, par exemple la société ou l'homme qui fait de la recherche. Ainsi, derrière l'observateur, vous trouvez les êtres humains. C'est une première chose. La deuxième, c'est le problème de l'imaginaire et de la réalité. Je suis quelqu'un qui croit que la notion même de réalité est tissée d'imaginaire, que s'il n'y avait pas de l'imaginaire pour donner substance à la réalité, il n'y aurait pas de réalité. Ainsi, de plus en plus, l'imaginaire fait partie intégrante de la réalité, de la société. On ne peut y échapper. Le problème est donc celui-ci: puisque l'imaginaire fait partie de la réalité, puisque le mythe fait partie de la réalité sociale, nous devons trouver un mode de connivence entre le mythe et l'imaginaire. Il faut cesser de penser que nous pouvons atteindre un stade de rationalité démythologisé et dépourvu de tout imaginaire. Au contraire, nous ne commençons à être véritablement rationnels que quand, à mon avis, nous reconnaissons que l'imaginaire, les mythes, font partie du tissu de notre vie. A ce moment-là, il faut dialoguer avec nous-mêmes, c'est-à-dire avoir un nouveau type de dialogue avec le mythe. Ce nouveau type de dialogue avec le mythe est, à mon avis, un dialogue de type poétique, puisqu'à ce moment-là, le mythe se retransforme en ce qu'il était à l'origine, une invention poétique qui s'est cristallisée et est devenue une vérité évidente pour tous. Par exemple, pour moi, le livre de la Genèse dans la Bible, le livre des commencements, est un livre extraordinairement poétique, justement parce que je n'y crois pas. Si j'y croyais à la lettre, ce ne serait pas un livre poétique, mais le vrai récit des origines du monde.

Détours: Beaucoup de tentatives du "philosopher à nouveau" se sont soldées par le retour au bercail du monothéisme, du judéo-christianisme, des religions révélées. Cela a des côtés sympathiques, critiques du totalitarisme, mais l'intelligentsia française ne risque-t-elle pas de passer à côté de la chance de son époque en se repliant négativement sur une impasse, une nostalgie frileuse, qui l'empêcheraient de voir "poétiquement" justement, les potentialités actuelles du changement?

Edgar Morin: Je crois que ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu une crise du salut religieux terrestre. Auparavant, le problème qui s'est posé en Occident, et depuis le XVIIe siècle, est celui de la crise de la religion révélée. Mais comme au même moment est arrivée une nouvelle crise, la crise du scepticisme, c'est-à-dire l'impossibilité de vivre sans croyance ou sans foi, la crise du scepticisme a produit un retour à la religion. Disons que l'ancien sceptique devient croyant. C'est le cas de Pascal, qui est exemplaire. C'est le cas type du religieux moderne qui dit: "je fais un pari". Nous avons vu cela sans arrêt jusqu'au début du XXe siècle, en France en tout cas, puisque c'est un pays très catholique. On a vu par exemple se convertir le petit-fils du grand rationaliste Renan. On a vu la conversion de Péguy, qui était élève de l'Ecole Normale Supérieure, la quintessence de l'école laïque. Par la suite, après la première guerre mondiale, la conversion, le retour à la foi, s'est fait sur le terrain de la politique, notamment à partir du moment où le stalinisme a créé un nouveau catholicisme. C'est-à-dire une nouvelle religion sinistre avec des signes imposants. La crise de cette religion-là est la crise du Messie, du Messie révolutionnaire, du Messie socialiste et du Messie prolétaire, qui a commencé en URSS puis a continué en Chine, au Vietnam, au Cambodge, à Cuba... Pour ce qui nous concerne, l'abandon de la religion de salut terrestre a fait revenir un certain nombre de gens à l'ancienne religion de salut. Ils ne se sont pas trompés, puisque c'était le salut qu'ils cherchaient, finalement. Seulement, ils n'y croient plus sur le plan du matérialisme historique. A mon avis, ceci est très compréhensible, mais le problème revient toujours: comment vivre avac l'incertitude. Il faut reconnaître qu'on ne peut pas vivre dans la certitude absolue, qu'il faut faire une sorte de dialogue permanent entre certitude et incertitude, comme je l'ai écrit dans mon livre Pour sortir du XXe siècle: "Méfiance-Confiance". Il faut dialoguer avec l'angoisse, commercer avec le doute. Nous devons assumer l'incertitude, l'inquiétude, avec le fait que nous sommes des êtres qui ne savons absolument rien de notre destin, de notre origine, dans cet univers où nous sommes périphériques. Cette vision du monde, ce changement du monde, avait commencé avec Copernic. Mais ce n'était rien Copernic ! Avec Copernic, on restait tout près du centre. Mais maintenant, c'est fini; on est totalement décentrés. C'est notre vie, c'est notre destin, je ne vois pas la possibilité de le masquer. Nous vivons avec un horizon qui est la mort, le néant, le bruit, tout ce que vous voulez, mais il n'y a pas que l'horizon, n'est-ce-pas? Chaque moment de vie secrète son intensité, son espoir, son désespoir, et je crois qu'on doit vivre aussi dans un mélange d'espoir et de désespoir. Je crois que l'on risque de passer à côté de la chance de l'époque si la crise des illusions modernes nous amène à retourner aux illusions anciennes. Et, bien entendu, je ne dis pas que l'on doive vivre dans un total nihilisme, mais que l'on peut vivre et avoir un certain commerce curieux et contradictoire avec nos propres mythes et nos propres croyances.

Détours: Question de poète: nous sommes agis par des structures, structures de mode de production et structures de l'idéologie (Marx), structures de l'inconscient (Freud), structures du langage (Saussure, Jacobson), structures de parenté (Levi-Strauss), structures illusionnantes du groupe... Ces sciences nous ont montré à la fois la terrible force de la répitition qui agit en nous et l'absence d'un réel sujet agissant. Est-ce là tout ce que la science a à nous proposer?

Edgar Morin: Je ne le crois pas. La notion de structure est une notion extrêmement limitée. Qu'est-ce qu'une structure ? Ce sont les invariants d'une organisation. Mais le mot organisation est un mot beaucoup plus riche que celui de structure. Pourquoi? Parce que la structure est structure d'une organisation, que l'organisation vivante est une auto-organisation, et que cette auto-organisation a comme trait singulier d'être une organisation qui traite de l'information qui la fait communiquer, mais à partir de la computation, qui est elle-même une façon de traiter les données dont on dispose. Et cette computation se fait à la première personne. C'est la raison pour laquelle j'ai parlé du "computo", c'est-à-dire que l'être vivant, la bactérie, n'importe quelle cellule se met dans la situation de la première personne. Etre sujet, c'est se mettre au centre du monde, et pouvoir se traiter de cette façon-là. Donc, ce ne sont pas seulement des structures qui nous possèdent, nous sommes aussi nous-mêmes possédants de structures. Par exemple, nous sommes nous des individus relativement autonomes, mais nous sommes dans la société, laquelle est au dedans de nous. Nous sommes possédés aussi bien par la société que nous possédons, que par les gènes qui préexistaient à notre naissance, transmis par nos parents qui les avaient reçus de leurs parents... Ces gènes, qui nous possèdent, nous les possédons à notre tour. Le problème est que nous soyons capables de posséder ce qui nous possède, que nous en soyons éventuellement capables. C'est à ce moment-là que nous atteignons une certaine autonomie. Alors, bien entendu, il y a une force de répétition, mais cette force peut, à certains moments, être brisée. C'est la différence qu'il y a entre ce que Von Foerster appelait la machine déterministe triviale et ce que l'on peut appeler la machine non-triviale. La machine déterministe triviale, c'est celle dont on peut toujours prévoir le comportement. Parce que les informations ou les entrants (les imputs) qui la concernent sont connus. Nous agissons la plupart du temps comme une machine déterministe triviale. C'est-à-dire que tel type va se lever le matin, va prendre le métro à telle heure pour se rendre à son bureau, etc. Seulement, il se peut qu'un jour, ce type dise "non", et n'aille pas à son bureau. Quelqu'un peut dire non. Quelqu'un peut aller à la mairie pour se marier et peut finalement dire "non". Ce sont là des actes par lesquels on montre que l'on est des machines non-triviales. Peut-être y-a-t-il des moments où l'on peut échapper à la répition. En résumé, je crois qu'on peut réintroduire le sujet en tant que concept biologique. J'en donne la définition: être sujet, c'est se mettre soi-même au centre de son univers, c'est-à-dire voir son univers en référence à soi. Bien entendu, plusieurs sujets s'imbriquent les uns dans les autres, c'est-à-dire que chacune de mes cellules est un sujet qui fait partie de l'être-sujet qui est moi-même, lequel fait partie de subjectivités qui peuvent être celle d'une conscience ethnique, celle d'une nation,... Aujourd'hui, nous ne sommes plus prisonniers du mythe des structures. Bien entendu, nous ne sommes pas des êtres qui vivons dans une liberté sans contrainte puisque je crois que toute liberté se fonde sur une dépendance. Pas de liberté qui ne soit dépendante des conditions de sa formation. Mais on ne peut plus vivre dans cet univers mort où il n'y avait ni sujet, ni autonomie, ni individu, ni homme.

Détours: Dans divers endroits de votre oeuvre vous parlez de méandres, de désordre créateur, de déviance fonctionnelle, de chaos et d'émergence, d'anthropobiologie, de biosociologie, de biopolitique, etc. Que pensez-vous de l'élaboration de ces concepts à la fois nouveau et ancien, au contact d'autres cultures? Je pense à la Grèce antique, aux Amérindiens, à l'Orient. Quels en furent les relais, les lieux de métissage et de contamination?

Edgar Morin: Vous avez raison, derrière ces idées de chaos, de désordre créateur, il y a sans doute des influences qui dépassent notre culture. Je pense que la principale, pour moi, est celle de la Grèce archaïque. Je pense surtout à Héraclite. Son type de pensée m'a toujours frappé et j'en ai senti la profondeur. Le fait de lier la discorde à la concorde, la guerre à l'harmonie, cette façon de penser et de lier ensemble des idées contraires, m'a toujours fait penser que la vérité se trouvait au noeud de très fortes tensions et notions contraires. Cela me rappelle une phrase de Niels Bohr: "l'énoncé contraire d'une vérité profonde est une autre vérité non moins profonde". Et ça, je crois que c'est le type même de pensée que l'on a chez Héraclite. Pour le reste, malheureusement, je n'ai pas une culture universelle. Je suis très attiré par la philosophie chinoise, par le Tchan. Je les ai toujours connu un peu de seconde main, de même par exemple que pour la Kabbale, dont j'ai lu des études, des exégèses, sans en connaître directement les textes. La thématique amérindienne, comme celle des indiens Hopi, la conception des Mayas, m'ont toujours intéressé, fasciné, mais je n'en ai pas eu connaissance directement. Cela dit, je crois tout à fait qu'il y a beaucoup plus à apprendre en interrogeant les cultures autres. Je ne pense pas seulement aux grandes cultures, aux civilisations qui ont demeuré, celles des Indes, de la Chine, du Japon, mais aussi à des civilisations qui ont été détruites, commes celles des Mayas, des Incas... et bien entendu, à des cultures archaïques, par exemple aux philosophies qui se trouvent en arrière-plan de la mythologie des dogons.

Détours: Y-aurait-il selon vous des retombées esthétiques ou formelles nécessaires à votre démarche? notamment dans le domaine littéraire ou poétique?

Edgar Morin: Peut-être. mais elles ne sont pas prévisibles ou programmables par moi. Je ne peux pas les prévoir. Je crois en tout cas qu'il peut s'établir des connexions, c'est-à-dire des harmoniques, des recherches littéraires ou poétiques, des intuitions enfin...

Détours: Où voyez-vous la poésie de nos jours?

Edgar Morin: Vous savez, si vous lui mettez un "P" majuscule, je la vois partout, dans le cosmos, dans la physique, dans la vie. On dit que la science et la vie sont aux antipodes. Or, il n'y a pas de science sans imagination. Et l'imagination, c'est la poésie. Je dirais que même la science produit de la poésie. Elle a déchiré aujourd'hui le voile d'un univers terriblement mécanique et monotone, qui était un univers purement ordonné, obéissant à des lois qui se répétaient sans cesse. Un univers qui commence par un coup de tonnerre, par un éclair fulgurant, c'est beaucoup plus beau que la Genèse. Mais la Genèse est aussi un livre poétique, puisque vous savez que dans la Genèse, c'est Elohim -- dont on ne sait pas du tout qui il est, un singulier pluriel -- qui sépare la terre du ciel. Mais il est évident que, quand vous réfléchissez, dans la plupart des traditions religieuses, c'est quand même Dieu qui est le forgeron du Monde. L'histoire du cosmos aujourd'hui, est celle d'un cosmos qui est à la fois son propre créateur et sa propre créature, c'est-à-dire que c'est vraiment de l'autopoïesis. Le mot "poïesis" veut dire création, et cet univers provient d'une création inouïe comportant beaucoup de destructions, de dispersions, de gaspillage, laquelle est je dirais, poïetique, et qui dit poïetique dit poétique. Un livre comme celui d'Hubert Reeves, Patience dans l'Azur, est un récit d'une poésie infinie, et c'est à peu près le résumé des hypothèses plausibles, des connaissances d'aujourd'hui sur l'origine du monde. Il y a des choses étonnantes. Il se passe nombre de phénomènes en quelques fractions de secondes puis, pendant un million d'années, il ne se passe plus rien, enfin la gravitation se met en marche et crée les métagalaxies. Je trouve que l'histoire de l'univers est redevenue fabuleuse. Elle est redevenue totalement fabuleuse, avec cette vertu d'être poétique, c'est-à-dire que la création y est mêlée à nouveau à son contraire, la destruction. La poésie est aussi présente dans le monde de la physique. Quand on pense que les astres sont des forges inouïes, des phénomènes d'une violence insensée, qui dépassent la déflagration des bombes thermo-nucléaires, et que pourtant, les univers qui sont les astres sont organisés. De temps en temps, il y en a un qui explose, la plupart explose tôt ou tard. Mais pendant leur durée de vie, quelques milliards d'années, ils fonctionnent dans le tumulte le plus incroyable. C'est héraclitéen, justement, ce mélange de furie, de désordre et en même temps d'ordre. Alors je trouve qu'aujourd'hui, la science produit de la poésie. On est stupéfié, émerveillé. Je vois cette poésie partout, dans tout ce que reflète la connaissance moderne

Détours: Kenneth White a dit qu'une des vocations actuelles de l'Europe pourrait être d'élaborer au travers de la confrontation une synthèse-dépassement des trois grands blocs culturels existants: Occident, Tiers-Monde et Monde communiste. C'est un peu ce que vous étiez allé chercher aux Etats-Unis en 1970. Cette tentative de synthèse semble avoir échoué assez lamentablement là-bas. Est-ce que dans l'Europe actuelle, et notamment en France, nous avons quelques chances de réussir là où l'Amérique a échoué? Où en est la révolution bio-anthropologique?

Edgar Morin: En Californie, il y a eu une sorte de phénomène explosif extraordinaire, c'était un peu comme Mai 68. L'année où j'y étais, c'est-à-dire en 69-70 -- les grands moments avaient eu lieu en 67-68 -- on sentait que c'était la fin, mais il émergeait encore des fruits ultimes. Alors, je ne dirai pas que le mouvement a échoué, quoique peut-être ceux qui ont cru au début qu'ils allaient résoudre tous les problèmes par "Peace and Love", évidemment, voient la chose comme un échec. Mais, enfin, au moment où j'y étais, beaucoup d'entre eux s'étaient rendu compte que ce qui comptait n'était "Peace eand Love". Il y a eu des expériences de vie communautaire qui effectivement dans la plupart des cas n'ont pas duré. Ce furent des échecs d'un certain point de vue, mais cela fait partie aussi de l'expérimentation sociale qui se fait nécessairement par essais et erreurs. Les mêmes problèmes de la difficulté de vivre ensemble qui se posent au couple, à la famille élargie traditionnelle, se posaient aux nouvelles familles. Mais je pense que le mouvement n'a pas échoué non plus dans le sens où ceux qui ont vécu de telles expériences en sont sortis modifiés, en ont gardé la marque, et vont la garder toute leur vie. Moi, je suis frappé par les gens aux Etats-unis qui ont vécu à fond, pendant un certain temps, ce type d'expérience. Ils ne sont pas les mêmes que ceux des générations précédentes. Il y a quelque chose de légèrement différent. Voilà pour ce qui concerne l'échec. Je crois beaucoup à l'existence d'une catégorie de phénomènes qui sont des extases de l'Histoire, des moments sublimes, des moments extraordinaires, des moments de réconciliation et d'harmonie. Leur existence est déjà par elle-même une réussite à travers l'échec. Prenons d'autres exemples. Je me souviens très bien de grandes grèves en Wallonie, je ne sais plus en quelle année, peut-être à la fin des années '50. Ce fut un moment où vraiment tout le pays des mineurs et des ouvriers, non seulement avait fait grève, mais avait pris un peu le pouvoir sur la région entière pendant quinze jours. C'étaient eux qui contrôlaient les gares, les chemins de fer, la Poste... Des gens qui avaient été habitués à aller tous les jours l'échine courbée, étaient devenus brusquement les souverains, le "peuple souverain"... et puis, ils ont été vaincus, leurs revendications n'ont pas été satisfaites. Ils ont dû reprendre le travail. Et bien, même après cette défaite, ils gardaient en eux le souvenir de ces journées inoubliables. Je crois qu'il n'y a aucune réussite définitive. C'est un peu comme dans l'amour, on peut vivre un mois, un an, heureux, un homme et une femme, et puis l'amour peut se dégrader, mais il a existé. Souvent, remarquez malheureusement, la dégradation rétroagit, et les gens oublient ce qu'ils ont vécu. Le vrai problème est qu'on ne peut pas vivre tout le temps des extases de l'Histoire. J'en ai vécu quelques-unes, soit directement comme à la Libération de Paris, qui fût un moment absolument extatique, soit d'autres que j'ai vécu par personne interposée. Mais il y a cette expérience-là importante, et il y a le problème du changement profond de la société. Ce changement en profondeur, bien évidemment, n'est pas en vue, bien qu'absolument nécessaire. J'ajoute que plus il est nécessaire, plus il est radical, plus il paraît difficile. Alors, il est clair qu'on ne voit pas comment un tel changement peut avoir pour théâtre un seul pays. Prenez la France, dans le cadre de son tissu de solidarité avec l'économie occidentale et même mondiale, on ne voit pas comment elle pourrait réussir un changement durable dans l'isolement. Ce que disait Trotsky reste vrai sur un plan général. Il n'y a pas de socialisme dans un seul pays. Il est certain que nous avons à opérer des dépassements culturels, et vous avez fait allusion à cette sorte de révolution culturelle de la Californie des années '60. Ce qui était remarquable, c'était sa volonté d'ouverture, sur des messages de culture extrême-orientale par exemple, ou au contraire sur celle des Indiens d'Amérique; il y avait aussi l'influence du livre de Castaneda, du sorcier Yaki; enfin la volonté de s'ouvrir sur des types d'expérience et des visions non-occidentales du monde. Je crois qu'une ouverture vers une autre culture est absolument indispensable à condition de savoir sauvegarder ce qui nous est propre, comme ayant d'autant plus de valeur que l'Occident européen n'est plus le siège de la domination mondiale, des impérialismes mondiaux, alors qu'elle l'était il n'y a pas encore tellement longtemps, jusqu'à la deuxième guerre mondiale. L'Angleterre, la France, restaient des puissances coloniales. Maintenant, l'Europe garde ses qualités de dépositaire des valeurs démocratiques pluralistes, de trésors culturels, sans être porteuse de la domination et de toutes les destructions qu'elle a opérées. Mais sauver les valeurs européennes ne veut pas dire les sauver en vase clos, au contraire, cela veut dire les ouvrir, et dans votre question vous avez raison de parler du Tiers-Monde. Le Tiers-Monde n'est pas tout à fait une unité, c'est un fourre-tout, mais il est certain qu'il ne faut pas penser simplement aux cultures des grandes civilisations. Je pense même qu'une chose tout à fait criminelle a été faite lorsqu'on a détruit des cultures de chasseurs-ramasseurs, c'est-à-dire de sociétés qui pendant des dizaines de milliers d'années ont été l'humanité, et ont amassé des trésors de sagesse et de savoir-faire, de connaissances. Aujourd'hui, il n'en reste plus que quelques débris. On a refoulé les Bushmen dans le désert du Kalahari en Afrique. Vous voyez comment on a détruit les peuples d'Amazonie... Des trésors culturels de l'humanité, des dizaines de milliers d'années ont été démolies, assassinées. Là, il y a quelque chose à faire qui ne consiste pas seulement à les sauver ou à constituer des réserves culturelles, il faut entamer le dialogue avec elles. Quelle est la qualité de l'ethnographie moderne? Des gens comme Clastres et d'autres encore sont allés auprès de ces tribus, ils n'y allaient pas que pour prendre des notes et établir des fiches, ils y allaient aussi pour apprendre. Alors je crois que nous devons cesser d'avoir une attitude qui, dans le fond, fut criminelle. Je crois que toute grande révolution, à laquelle nous pouvons aspirer, ne peut se faire que par le respect et la réinterrogation de toutes les cultures, sans exception.

Détours: Vous êtes un danseur transdiciplinaire, un dionysiaque du concept. Qu'est-ce qui, au fond, vous permet ce nomadisme jubilatoire?

Edgar Morin: Ça vraiment, je ne sais pas. Je constate que je suis comme ça, mais je ne sais pas ce qui me fait danser.

Détours: Dans la période actuelle, les espaces nomades, du point de vue de la recherche et de la création, vont-ils aller en s'élargissant ou au contraire en s'amenuisant?

Edgar Morin: Moi je crois que plus se développe le techno-bureaucratisme dans les sciences, plus il provoque une sorte de contre-effet, c'est-à-dire des besoins d'autonomie, de liberté, de non-conformisme. Alors vous avez, si vous voulez, le développement d'un non-conformisme, d'un nomadisme minoritaire. Je crois que ces phénomènes de nomadisme, les grandes machines tendent à les détruire mais en même temps, comme elles tendent à tout stériliser, de par elles-mêmes, dans les interstices, elles redonnent à nouveau une chance au nomadisme.

Edgar Morin / Détours D'écriture, avril 1992 (Mise à jour 2007)

Palavras-chave: Edgar Morin

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Dezembro 04, 2009

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Machado de Assis

 

 

UNS BRAÇOS

 

Inácio estremeceu, ouvindo os gritos do solicitador, recebeu o prato que este lhe apresentava e tratou de comer, debaixo de uma trovoada de nomes, malandro, cabeça de vento, estúpido, maluco.

- Onde anda que nunca ouve o que lhe digo? Hei de contar tudo a seu pai, para que lhe sacuda a preguiça do corpo com uma boa vara de marmelo, ou um pau; sim, ainda pode apanhar, não pense que não. Estúpido! maluco!

- Olhe que lá fora é isto mesmo que você vê aqui, continuou, voltando-se para D. Severina, senhora que vivia com ele maritalmente, há anos. Confunde-me os papéis todos, erra as casas, vai a um escrivão em vez de ir a outro, troca os advogados: é o diabo! É o tal sono pesado e contínuo. De manhã é o que se vê; primeiro que acorde é preciso quebrar-lhe os ossos... Deixe; amanhã hei de acordá-lo a pau de vassoura!

D. Severina tocou-lhe no pé, como pedindo que acabasse. Borges espeitorou ainda alguns impropérios, e ficou em paz com Deus e os homens.

Não digo que ficou em paz com os meninos, porque o nosso Inácio não era propriamente menino. Tinha quinze anos feitos e bem feitos. Cabeça inculta, mas bela, olhos de rapaz que sonha, que adivinha, que indaga, que quer saber e não acaba de saber nada. Tudo isso posto sobre um corpo não destituído de graça, ainda que mal vestido. O pai é barbeiro na Cidade Nova, e pô-lo de agente, escrevente, ou que quer que era, do solicitador Borges, com esperança de vê-lo no foro, porque lhe parecia que os procuradores de causas ganhavam muito. Passava-se isto na Rua da Lapa, em 1870.

Durante alguns minutos não se ouviu mais que o tinir dos talheres e o ruído da mastigação. Borges abarrotava-se de alface e vaca; interrompia-se para virgular a oração com um golpe de vinho e continuava logo calado.

Inácio ia comendo devagarinho, não ousando levantar os olhos do prato, nem para colocá-los onde eles estavam no momento em que o terrível Borges o descompôs. Verdade é que seria agora muito arriscado. Nunca ele pôs os olhos nos braços de D. Severina que se não esquecesse de si e de tudo.

Também a culpa era antes de D. Severina em trazê-los assim nus, constantemente. Usava mangas curtas em todos os vestidos de casa, meio palmo abaixo do ombro; dali em diante ficavam-lhe os braços à mostra. Na verdade, eram belos e cheios, em harmonia com a dona, que era antes grossa que fina, e não perdiam a cor nem a maciez por viverem ao ar; mas é justo explicar que ela os não trazia assim por faceira, senão porque já gastara todos os vestidos de mangas compridas. De pé, era muito vistosa; andando, tinha meneios engraçados; ele, entretanto, quase que só a via à mesa, onde, além dos braços, mal poderia mirar-lhe o busto. Não se pode dizer que era bonita; mas também não era feia. Nenhum adorno; o próprio penteado consta de mui pouco; alisou os cabelos, apanhou-os, atou-os e fixou-os no alto da cabeça com o pente de tartaruga que a mãe lhe deixou. Ao pescoço, um lenço escuro, nas orelhas, nada. Tudo isso com vinte e sete anos floridos e sólidos.

Acabaram de jantar. Borges, vindo o café, tirou quatro charutos da algibeira, comparou-os, apertou-os entre os dedos, escolheu um e guardou os restantes. Aceso o charuto, fincou os cotovelos na mesa e falou a D. Severina de trinta mil coisas que não interessavam nada ao nosso Inácio; mas enquanto falava, não o descompunha e ele podia devanear à larga.

Inácio demorou o café o mais que pôde. Entre um e outro gole alisava a toalha, arrancava dos dedos pedacinhos de pele imaginários ou passava os olhos pelos quadros da sala de jantar, que eram dois, um S. Pedro e um S. João, registros trazidos de festas encaixilhados em casa. Vá que disfarçasse com S. João, cuja cabeça moça alegra as imaginações católicas, mas com o austero S. Pedro era demais. A única defesa do moço Inácio é que ele não via nem um nem outro; passava os olhos por ali como por nada. Via só os braços de D. Severina, - ou porque sorrateiramente olhasse para eles, ou porque andasse com eles impressos na memória.

- Homem, você não acaba mais? bradou de repente o solicitador.

 Não havia remédio; Inácio bebeu a última gota, já fria, e retirou-se, como de costume, para o seu quarto, nos fundos da casa. Entrando, fez um gesto de zanga e desespero e foi depois encostar-se a uma das duas janelas que davam para o mar. Cinco minutos depois, a vista das águas próximas e das montanhas ao longe restituía-lhe o sentimento confuso, vago, inquieto, que lhe doía e fazia bem, alguma coisa que deve sentir a planta, quando abotoa a primeira flor. Tinha vontade de ir embora e de ficar. Havia cinco semanas que ali morava, e a vida era sempre a mesma, sair de manhã com o Borges, andar por audiências e cartórios, correndo, levando papéis ao selo, ao distribuidor, aos escrivães, aos oficiais de justiça. Voltava à tarde, jantava e recolhia-se ao quarto, até a hora da ceia; ceava e ia dormir. Borges não lhe dava intimidade na família, que se compunha apenas de D. Severina, nem Inácio a via mais de três vezes por dia, durante as refeições. Cinco semanas de solidão, de trabalho sem gosto, longe da mãe e das irmãs; cinco semanas de silêncio, porque ele só falava uma ou outra vez na rua; em casa, nada.

- Deixe estar, - pensou ele um dia - fujo daqui e não volto mais.

Não foi; sentiu-se agarrado e acorrentado pelos braços de D. Severina. Nunca vira outros tão bonitos e tão frescos. A educação que tivera não lhe permitia encará-los logo abertamente, parece até que a princípio afastava os olhos, vexado. Encarou-os pouco a pouco, ao ver que eles não tinham outras mangas, e assim os foi descobrindo, mirando e amando. No fim de três semanas eram eles, moralmente falando, as suas tendas de repouso. Agüentava toda a trabalheira de fora toda a melancolia da solidão e do silêncio, toda a grosseria do patrão, pela única paga de ver, três vezes por dia, o famoso par de braços.

Naquele dia, enquanto a noite ia caindo e Inácio estirava-se na rede (não tinha ali outra cama), D. Severina, na sala da frente, recapitulava o episódio do jantar e, pela primeira vez, desconfiou alguma coisa Rejeitou a idéia logo, uma criança! Mas há idéias que são da família das moscas teimosas: por mais que a gente as sacuda, elas tornam e pousam. Criança? Tinha quinze anos; e ela advertiu que entre o nariz e a boca do rapaz havia um princípio de rascunho de buço. Que admira que começasse a amar? E não era ela bonita? Esta outra idéia não foi rejeitada, antes afagada e beijada. E recordou então os modos dele, os esquecimentos, as distrações, e mais um incidente, e mais outro, tudo eram sintomas, e concluiu que sim.

- Que é que você tem? disse-lhe o solicitador, estirado no canapé, ao cabo de alguns minutos de pausa.

- Não tenho nada.

- Nada? Parece que cá em casa anda tudo dormindo! Deixem estar, que eu sei de um bom remédio para tirar o sono aos dorminhocos...

E foi por ali, no mesmo tom zangado, fuzilando ameaças, mas realmente incapaz de as cumprir, pois era antes grosseiro que mau. D. Severina interrompia-o que não, que era engano, não estava dormindo, estava pensando na comadre Fortunata. Não a visitavam desde o Natal; por que não iriam lá uma daquelas noites? Borges redargüia que andava cansado, trabalhava como um negro, não estava para visitas de parola, e descompôs a comadre, descompôs o compadre, descompôs o afilhado, que não ia ao colégio, com dez anos! Ele, Borges, com dez anos, já sabia ler, escrever e contar, não muito bem, é certo, mas sabia. Dez anos! Havia de ter um bonito fim: - vadio, e o côvado e meio nas costas. A tarimba é que viria ensiná-lo.

D. Severina apaziguava-o com desculpas, a pobreza da comadre, o caiporismo do compadre, e fazia-lhe carinhos, a medo, que eles podiam irritá-lo mais. A noite caíra de todo; ela ouviu o tlic do lampião do gás da rua, que acabavam de acender, e viu o clarão dele nas janelas da casa fronteira. Borges, cansado do dia, pois era realmente um trabalhador de primeira ordem, foi fechando os olhos e pegando no sono, e deixou-a só na sala, às escuras, consigo e com a descoberta que acaba de fazer.

Tudo parecia dizer à dama que era verdade; mas essa verdade, desfeita a impressão do assombro, trouxe-lhe uma complicação moral que ela só conheceu pelos efeitos, não achando meio de discernir o que era. Não podia entender-se nem equilibrar-se, chegou a pensar em dizer tudo ao solicitador, e ele que mandasse embora o fedelho. Mas que era tudo? Aqui estacou: realmente, não havia mais que suposição, coincidência e possivelmente ilusão. Não, não, ilusão não era. E logo recolhia os indícios vagos, as atitudes do mocinho, o acanhamento, as distrações, para rejeitar a idéia de estar enganada. Daí a pouco, (capciosa natureza!) refletindo que seria mau acusá-lo sem fundamento, admitiu que se iludisse, para o único fim de observá-lo melhor e averiguar bem a realidade das coisas.

 Já nessa noite, D. Severina mirava por baixo dos olhos os gestos de Inácio; não chegou a achar nada, porque o tempo do chá era curto e o rapazinho não tirou os olhos da xícara. No dia seguinte pôde observar melhor, e nos outros otimamente. Percebeu que sim, que era amada e temida, amor adolescente e virgem, retido pelos liames sociais e por um sentimento de inferioridade que o impedia de reconhecer-se a si mesmo. D. Severina compreendeu que não havia recear nenhum desacato, e concluiu que o melhor era não dizer nada ao solicitador; poupava-lhe um desgosto, e outro à pobre criança. Já se persuadia bem que ele era criança, e assentou de o tratar tão secamente como até ali, ou ainda mais. E assim fez; Inácio começou a sentir que ela fugia com os olhos, ou falava áspero, quase tanto como o próprio Borges. De outras vezes, é verdade que o tom da voz saía brando e até meigo, muito meigo; assim como o olhar geralmente esquivo, tanto errava por outras partes, que, para descansar, vinha pousar na cabeça dele; mas tudo isso era curto.

- Vou-me embora, repetia ele na rua como nos primeiros dias.

 Chegava a casa e não se ia embora. Os braços de D. Severina fechavam-lhe um parêntesis no meio do longo e fastidioso período da vida que levava, e essa oração intercalada trazia uma idéia original e profunda, inventada pelo céu unicamente para ele. Deixava-se estar e ia andando. Afinal, porém, teve de sair, e para nunca mais; eis aqui como e porquê.

 D. Severina tratava-o desde alguns dias com benignidade. A rudeza da voz parecia acabada, e havia mais do que brandura, havia desvelo e carinho. Um dia recomendava-lhe que não apanhasse ar, outro que não bebesse água fria depois do café quente, conselhos, lembranças, cuidados de amiga e mãe, que lhe lançaram na alma ainda maior inquietação e confusão. Inácio chegou ao extremo de confiança de rir um dia à mesa, coisa que jamais fizera; e o solicitador não o tratou mal dessa vez, porque era ele que contava um caso engraçado, e ninguém pune a outro pelo aplauso que recebe. Foi então que D. Severina viu que a boca do mocinho, graciosa estando calada, não o era menos quando ria.

 A agitação de Inácio ia crescendo, sem que ele pudesse acalmar-se nem entender-se. Não estava bem em parte nenhuma. Acordava de noite, pensando em D. Severina. Na rua, trocava de esquinas, errava as portas, muito mais que dantes, e não via mulher, ao longe ou ao perto, que lha não trouxesse à memória. Ao entrar no corredor da casa, voltando do trabalho, sentia sempre algum alvoroço, às vezes grande, quando dava com ela no topo da escada, olhando através das grades de pau da cancela, como tendo acudido a ver quem era.

 Um domingo, - nunca ele esqueceu esse domingo, - estava só no quarto, à janela, virado para o mar, que lhe falava a mesma linguagem obscura e nova de D. Severina. Divertia-se em olhar para as gaivotas, que faziam grandes giros no ar, ou pairavam em cima d'água, ou avoaçavam somente. O dia estava lindíssimo. Não era só um domingo cristão; era um imenso domingo universal.

 Inácio passava-os todos ali no quarto ou à janela, ou relendo um dos três folhetos que trouxera consigo, contos de outros tempos, comprados a tostão, debaixo do passadiço do Largo do Paço. Eram duas horas da tarde. Estava cansado, dormira mal a noite, depois de haver andado muito na véspera; estirou-se na rede, pegou em um dos folhetos, a Princesa Magalona, e começou a ler. Nunca pôde entender por que é que todas as heroínas dessas velhas histórias tinham a mesma cara e talhe de D. Severina, mas a verdade é que os tinham. Ao cabo de meia hora, deixou cair o folheto e pôs os olhos na parede, donde, cinco minutos depois, viu sair a dama dos seus cuidados. O natural era que se espantasse; mas não se espantou. Embora com as pálpebras cerradas viu-a desprender-se de todo, parar, sorrir e andar para a rede. Era ela mesma, eram os seus mesmos braços.

 É certo, porém, que D. Severina, tanto não podia sair da parede, dado que houvesse ali porta ou rasgão, que estava justamente na sala da frente ouvindo os passos do solicitador que descia as escadas. Ouviu-o descer; foi à janela vê-lo sair e só se recolheu quando ele se perdeu ao longe, no caminho da Rua das Mangueiras. Então entrou e foi sentar-se no canapé. Parecia fora do natural, inquieta, quase maluca; levantando-se, foi pegar na jarra que estava em cima do aparador e deixou-a no mesmo lugar; depois caminhou até à porta, deteve-se e voltou, ao que parece, sem plano. Sentou-se outra vez cinco ou dez minutos. De repente, lembrou-se que Inácio comera pouco ao almoço e tinha o ar abatido, e advertiu que podia estar doente; podia ser até que estivesse muito mal.

 Saiu da sala, atravessou rasgadamente o corredor e foi até o quarto do mocinho, cuja porta achou escancarada. D. Severina parou, espiou, deu com ele na rede, dormindo, com o braço para fora e o folheto caído no chão. A cabeça inclinava-se um pouco do lado da porta, deixando ver os olhos fechados, os cabelos revoltos e um grande ar de riso e de beatitude.

 D. Severina sentiu bater-lhe o coração com veemência e recuou. Sonhara de noite com ele; pode ser que ele estivesse sonhando com ela. Desde madrugada que a figura do mocinho andava-lhe diante dos olhos como uma tentação diabólica. Recuou ainda, depois voltou, olhou dois, três, cinco minutos, ou mais. Parece que o sono dava à adolescência de Inácio uma expressão mais acentuada, quase feminina, quase pueril. Uma criança! disse ela a si mesma, naquela língua sem palavras que todos trazemos conosco. E esta idéia abateu-lhe o alvoroço do sangue e dissipou-lhe em parte a turvação dos sentidos.

- Uma criança!

E mirou-o lentamente, fartou-se de vê-lo, com a cabeça inclinada, o braço caído; mas, ao mesmo tempo que o achava criança, achava-o bonito, muito mais bonito que acordado, e uma dessas idéias corrigia ou corrompia a outra. De repente estremeceu e recuou assustada: ouvira um ruído ao pé, na saleta do engomado; foi ver, era um gato que deitara uma tigela ao chão. Voltando devagarinho a espiá-lo, viu que dormia profundamente. Tinha o sono duro a criança! O rumor que a abalara tanto, não o fez sequer mudar de posição. E ela continuou a vê-lo dormir, - dormir e talvez sonhar.

Que não possamos ver os sonhos uns dos outros! D. Severina ter-se-ia visto a si mesma na imaginação do rapaz; ter-se-ia visto diante da rede, risonha e parada; depois inclinar-se, pegar-lhe nas mãos, levá-las ao peito, cruzando ali os braços, os famosos braços. Inácio, namorado deles, ainda assim ouvia as palavras dela, que eram lindas cálidas, principalmente novas, - ou, pelo menos, pertenciam a algum idioma que ele não conhecia, posto que o entendesse. Duas três e quatro vezes a figura esvaía-se, para tornar logo, vindo do mar ou de outra parte, entre gaivotas, ou atravessando o corredor com toda a graça robusta de que era capaz. E tornando, inclinava-se, pegava-lhe outra vez das mãos e cruzava ao peito os braços, até que inclinando-se, ainda mais, muito mais, abrochou os lábios e deixou-lhe um beijo na boca.

Aqui o sonho coincidiu com a realidade, e as mesmas bocas uniram-se na imaginação e fora dela. A diferença é que a visão não recuou, e a pessoa real tão depressa cumprira o gesto, como fugiu até à porta, vexada e medrosa. Dali passou à sala da frente, aturdida do que fizera, sem olhar fixamente para nada. Afiava o ouvido, ia até o fim do corredor, a ver se escutava algum rumor que lhe dissesse que ele acordara, e só depois de muito tempo é que o medo foi passando. Na verdade, a criança tinha o sono duro; nada lhe abria os olhos, nem os fracassos contíguos, nem os beijos de verdade. Mas, se o medo foi passando, o vexame ficou e cresceu. D. Severina não acabava de crer que fizesse aquilo; parece que embrulhara os seus desejos na idéia de que era uma criança namorada que ali estava sem consciência nem imputação; e, meia mãe, meia amiga, inclinara-se e beijara-o. Fosse como fosse, estava confusa, irritada, aborrecida mal consigo e mal com ele. O medo de que ele podia estar fingindo que dormia apontou-lhe na alma e deu-lhe um calafrio.

 Mas a verdade é que dormiu ainda muito, e só acordou para jantar. Sentou-se à mesa lépido. Conquanto achasse D. Severina calada e severa e o solicitador tão ríspido como nos outros dias, nem a rispidez de um, nem a severidade da outra podiam dissipar-lhe a visão graciosa que ainda trazia consigo, ou amortecer-lhe a sensação do beijo. Não reparou que D. Severina tinha um xale que lhe cobria os braços; reparou depois, na segunda-feira, e na terça-feira, também, e até sábado, que foi o dia em que Borges mandou dizer ao pai que não podia ficar com ele; e não o fez zangado, porque o tratou relativamente bem e ainda lhe disse à saída:

- Quando precisar de mim para alguma coisa, procure-me.

- Sim, senhor. A Sra. D. Severina...

- Está lá para o quarto, com muita dor de cabeça. Venha amanhã ou depois despedir-se dela.

Inácio saiu sem entender nada. Não entendia a despedida, nem a completa mudança de D. Severina, em relação a ele, nem o xale, nem nada. Estava tão bem! falava-lhe com tanta amizade! Como é que, de repente... Tanto pensou que acabou supondo de sua parte algum olhar indiscreto, alguma distração que a ofendera, não era outra coisa; e daqui a cara fechada e o xale que cobria os braços tão bonitos... Não importa; levava consigo o sabor do sonho. E através dos anos, por meio de outros amores, mais efetivos e longos, nenhuma sensação achou nunca igual à daquele domingo, na Rua da Lapa, quando ele tinha quinze anos. Ele mesmo exclama às vezes, sem saber que se engana:

- E foi um sonho! um simples sonho!

 

Contos de Joaquim Maria Machado de Assis

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Dezembro 05, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 


     

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A Promotoria do Patrimônio Público e Social do Ministério Público criou um blog para coletar informações e reclamações da população sobre o sistema de transporte coletivo da capital paulista, prestado por empresas contratadas pela Prefeitura sob concessão ou permissão. A cidade tem 15 mil ônibus que circulam em 1,3 mil linhas, atendendo seis milhões de passageiros por dia. A ideia de criar o Blog do Ônibus partiu do promotor Saad Mazloum.

O promotor é autor de um inquérito civil aberto em dezembro para apurar problemas de superlotação relatados por um usuário do sistema contra a São Paulo Transportes (SPTrans) e a Viação Santa Brígida. Na época, a SPTrans disse que os problemas já haviam sido sanados e sugeriu ao promotor ouvir usuários. Foi o que fez. Mazloum decidiu também englobar todas as regiões da capital. Agora serão apuradas a atuação da SPTrans, que gerencia o transporte coletivo na cidade, da Secretaria Municipal de Transportes, que firmou os contratos, e de agentes municipais que fiscalizam o serviço.

Queixas e observações postadas no blog pelos usuários servem para subsidiar o inquérito. Se apurada omissão por parte da Prefeitura e de seus agentes, o Ministério Público pode propor uma ação civil pública contra a administração municipal. Tal omissão poderá configurar ato de improbidade que atenta contra os princípios da administração pública, diz Mazloum. Ele quer saber como as eventuais penalidades pelo não cumprimento do serviço estão sendo aplicadas às concessionárias.

 

Palavras-chave: Blog, Ônibus, SPTrans, Transportes

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Dezembro 07, 2009

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O governo do Estado de São Paulo ameaça fechar aquela que tem, segundo o seu próprio indicador de qualidade, o melhor ensino médio da capital. Localizada no Butantã, zona oeste da cidade, a escola estadual Alberto Torres ficou em primeiro lugar no Saresp 2008, mas não deve oferecer aulas no ano letivo de 2010.

A certeza do fechamento chegou a pais, alunos e professores em uma reunião no dia 28 de outubro. Conforme relataram  dois professores, quatro pais e três alunos da escola, o encerramento das atividades foi anunciado pela vice-diretora, Eunice Ramos, e por uma superintendente da Diretoria de Ensino da Região Centro-Oeste.

Na ocasião, também foram distribuídos aos pais formulários para que escolhessem três escolas da região para as quais gostariam de transferir seus filhos a partir do ano que vem.

Desde então, funcionários, pais e alunos estão se mobilizando para impedir o fim da escola. Na semana passada, entraram com um pedido no Ministério Público e no Conselho Tutelar do Butantã para que acompanhassem o caso.

Segundo funcionários presentes nessa reunião, a justificativa apresentada pelo Estado é que não há demanda de alunos na região --baixa procura confirmada pela Secretaria da Educação. Hoje, há 178 alunos matriculados na escola, conforme informou a Cogesp (órgão que administra as escolas estaduais da região metropolitana).

O colégio fica numa região nobre de São Paulo, ao lado do Instituto Butantan e próximo à futura estação Butantã do metrô, cuja inauguração é prevista para o ano que vem. Foi inaugurada em 1932 como uma escola agrícola e foi idealizada por Vital Brazil para abrigar filhos de funcionários da instituição de pesquisa.

Hoje, sem hortas e pomares, abriga sete turmas de ensino fundamental e médio, cujos alunos e professores dizem conviver há pelo menos três anos com boatos e ameaças de fechamento.

"Há demanda. O problema é que, com esses boatos, pais têm medo de colocar seus filhos e professores resistem em ir", disse o professor de filosofia Liroan Tadeu Porto de Lima. Para Cíntia Ribeiro, aluna da sétima série, o pior é estudar sem a certeza de que a escola estará lá no ano seguinte. "Eu gosto de estudar lá e queria ficar. É muito ruim ter que ficar trocando de escola toda hora."

Mesmo com a ameaça, Sueli Ferreira da Silva, assistente de serviços gerais e mãe de uma aluna do segundo ano, não pensa em mudar de planos. "Quero por minha filha mais nova lá."

Outro lado

Após ser questionada por meio de sua assessoria de imprensa durante três dias --dos quais em dois negou a história--, a Secretaria da Educação do Estado, por meio da Cogesp (coordenadoria de escolas da rede estadual na Grande SP), afirmou que ainda não tem definição sobre se a escola continuará funcionando para o ano letivo de 2010.

"Quem deve aprovar o fechamento é o próprio secretário [estadual da Educação, Paulo Renato Souza], que ainda não tomou a decisão", disse o coordenador da Cogesp, José Benedito Oliveira. Segundo ele, a secretaria não orientou a vice-diretora Eunice Ramos a anunciar o fechamento da unidade.

Ele admitiu, porém, que a secretaria realizou estudos sobre a demanda na escola e verificou queda de 73% no número de estudantes desde 2005 -naquele ano, havia 654; hoje tem 178. 

(Matéria publicada em 02/12/2009)

 

Referências: Jornal Folha de São Paulo; Caricatura do Governador do Estado de São Paulo José Serra, selecionada para o 16º Salão Nacional de Humor de Ribeirão Preto - Gilberto Martimiano: www.artedogil.wordpress.com

Palavras-chave: Educação, Ensino Médio, Escolas

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Dezembro 09, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar


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Deus costuma usar a solidão
Para nos ensinar sobre a convivência.
Às vezes, usa a raiva para que possamos
Compreender o infinito valor da paz.
Outras vezes usa o tédio, quando quer
nos mostrar a importância da aventura e do abandono.
Deus costuma usar o silêncio para nos ensinar
sobre a responsabilidade do que dizemos.
Às vezes usa o cansaço, para que possamos
Compreender o valor do despertar.
Outras vezes usa a doença, quando quer
Nos mostrar a importância da saúde.
Deus costuma usar o fogo,
para nos ensinar a andar sobre a água.
Às vezes, usa a terra, para que possamos
Compreender o valor do ar.
Outras vezes usa a morte, quando quer
Nos mostrar a importância da vida
.


Fernando Pessoa


Palavras-chave: Deus, Fernando Pessoa

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Dezembro 12, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

http://fotos.sapo.pt/WlZHtcoCq2F5OnBVBNNu/

 

O meu presente de Natal (da mãe com saudade das filhas)


Que felicidade a gente sente quando vê os filhos fazendo suas criações. O Espírito Santo de Deus nos capacita a termos um dom. Dá-nos talento, habilidade especial de fazer algo. Os filhos e suas criações são presentes de Deus.
Deus escolhe o homem para determinados fins. Ele, através de sua onisciência e onipotência, criou o homem com uma característica inigualável no aspecto da sua individualidade. Assim, quando imaginamos que para execução de um determinado serviço é necessário a utilização de vários instrumentos, podemos deduzir que para cada tipo de obra, Deus se utiliza dessa individualidade do homem.
Então, pode-se concluir que todos nós nascemos com um TALENTO e através desse talento  descobrimos que podemos usá-lo em favor de outros. Quando esse talento é voltado para a obra de Deus, recebemos o DOM de Deus que nos capacita para exercermos o ministério ao qual Deus tem nos chamado. Por isso, sei que Deus tem um chamado para as minhas filhas, assim como para todos que Ele capacita.

Agradeçamos a Jesus Cristo esta celebração.

A Ele toda honra e toda a glória.


 

Palavras-chave: Natal, you tube

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Dezembro 16, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

Obrigada, Dr. Gaudencio!

Instituto Paulo Gaudencio

 

Palavras-chave: Agradecimento, Natal

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Dezembro 17, 2009

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Dezembro 24, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

http://www.livrearbitrio.net/LIVRE_ARBITRIO/Livre_reformulado/happyhour/pingpong/perdao99.jpg

 

Deus revelou-se pessoa humana para nos ensinar a arte de perdoar. Aliás, a mais nobre e a mais difícil das artes, superando em dificuldade e profundidade as obras primas mais raras e consagradas da história da arte, através de artistas como Michelangelo e Leonardo da Vinci. A mais difícil, a mais essencial e a mais necessária das artes é a arte do perdão. Sem ela, a humanidade já teria deixado de existir, pois Deus a cada manhã revela-nos o seu infinito perdão a todas as ações perdoáveis, aos erros menores e maiores, menos ou mais graves que cometemos por imperfeição, fraqueza ou distração.

O Senhor nos ensina que até mesmo aqueles que caem mais fundo sempre merecem uma nova chance para resgatar-se, pois, a partir do momento em que preferimos rejeitar e crucificar a perdoar, estamos impedindo a transformação dos nossos irmãos e até de nós mesmos.

Não podemos justificar os que falham ou caem movidos pela má-fé, mas podemos dar as mãos àqueles que reconhecem e assumem os seus erros. Na verdade, temos sempre a tendência de massificar, de suspeitar mal, de julgar precipitadamente, de fechar os ouvidos para o esclarecimento de intenções sinceras, enfim agimos como se todos fossem oportunistas, demagogos, ou quisessem fazer marketing com a dignidade alheia. Temos tendência de ser implacáveis para com os outros e condescendentes para com nosso próprio eu, como se os pequenos ou grandes males comuns pertencessem somente aos outros.

Esta é a condição humana que Cristo contraria com seu exemplo, permitindo que o outro que nos tenha causado mal se redima quando dele se perceba, e que o outro, que tenha perdido nossa credibilidade, se reerga, para que venha a merecer novamente o nosso crédito, a nossa fé, o nosso carinho. Quem tem Jesus tem tudo, tem a salvação. Somos salvos por seu sangue derramado na cruz.

Para nos exercitarmos na arte do perdão, no entanto, é preciso reaprender a ouvir com a alma, sem a barreira da presunção de que o julgamento fatalmente faz. Sentir e agir caminham juntos quando se fala de perdão. De nada adianta lermos a Palavra de Deus se não praticamos o que nela está escrito, se entendermos mal os  seus ensinos. A Bíblia é um livro de princípios. Nossa condição não permite que julguemos o outro como algo perfeito aos olhos de Deus. Sem a predisposição para tal exercício, o de perdoar, apenas sobreporá erro sobre erro, desconstruindo a ideia de fraternidade, e, comumente, o desconstruir o outro. Jesus nos ama e trouxe uma proposta de semear em nossos corações a fé, a esperança, e o perdão. Vivenciar Sua espiritualidade é sair do conforto da contemplação e descer do monte para enfrentar a realidade, como lemos em Lucas 9:28-37. Ser espiritual, na concepção de Jesus, é ser livre – livre para servir.

Irmãos: no Novo Ano que se aproxima vamos preparar os nossos corações para esta tão difícil e necessária ARTE DE PERDOAR, com tintas e lápis de cor do amor.

Que Deus possa transformar em flor e fruto as sementes que foram lançadas pelos seus jardineiros em tantos corações.

Há poucas horas, juntos, unidos em uma Cantata, louvamos ao Senhor.  E, naquele momento, nossos corações foram edificados pelo Espírito Santo. Clamo ao Pai que nos dê muita sabedoria e entendimento das Tuas Palavras.

 

Desejo a todos um Feliz Natal!  

Ana

 

Sejam bondosos e compassivos uns para com os outros, perdoando-se mutuamente, assim como Deus os perdoou em Cristo.” (Efésios 4.32)

Palavras-chave: Mensagem

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Dezembro 27, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

Wikipédia

Para Sempre


"Imagine se todas as pessoas do mundo pudessem ter livre acesso a todo conhecimento humano."

— Jimmy Wales, Fundador da Wikipédia



Hoje, eu estou a pedir uma doação para ajudar a Wikipédia.

Iniciei a Wikipédia em 2001, e nestes oito anos, tenho ficado humildemente surpreso ao ver centenas de milhares de voluntários se unirem a mim para construir a maior enciclopédia da história humana.

A Wikipédia não é um site comercial. É uma criação comunitária, inteiramente escrita e fundada por pessoas como você. Mais de 340 milhões de pessoas usam a Wikipédia todos os meses, quase um terço da população mundial com acesso à Internet. Você faz parte da nossa comunidade.

Eu acredito em nós. Eu acredito que a Wikipédia continua melhorando. Essa é a ideia-chave. Uma pessoa escreve algo, outra pessoa melhora um pouco, e torna-se cada vez melhor, ao longo do tempo. Se você acha útil hoje, imagine o quanto poderem atingir juntos daqui a 5, 10, 20 anos.

A Wikipédia mostra o poder de pessoas como nós que conseguem fazer coisas extraordinárias. Pessoas como nós escrevem a Wikipédia, palavra a palavra. Pessoas como nós a mantêm. É a prova que temos o potencial coletivo para mudar o mundo.

Necessitamos proteger o espaço onde este trabalho importante é desenvolvido. Necessitamos proteger a Wikipédia. Queremos mantê-la grátis e livre de publicidade. Queremos mantê-la aberta - você pode usar a informação da Wikipédia para qualquer coisa que queira. Queremos que ela continue crescendo, espalhando o conhecimento por todos os lugares, convidando à participação de todos.

A Wikimedia Foundation é a organização sem fins lucrativos que eu criei em 2003 para gerir, fazer crescer, cuidar e proteger a Wikipédia. Com dez milhões de dólares americanos por ano e uma equipe de menos que 35 pessoas, operam o quinto site mais visto em todo o mundo. Estou pedindo sua ajuda para que possamos continuar nosso trabalho.

Imagine um mundo onde cada pessoa do planeta tem acesso livre à soma de todo o conhecimento humano. É para onde estamos indo. E com a sua ajuda, nós conseguiremos.

Obrigado por usar a Wikipédia. Você faz parte desta história: por favor, faça uma doação hoje.


Jimmy Wales

Fundador da Wikipédia

 

Wikipédia é um projeto da Wikimedia Foundation.

Dúvidas ou comentários? Contate a Wikimedia Foundation: donate@wikimedia.org


Palavras-chave: Doação, Wikipédia

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Dezembro 29, 2009

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Postado por Ana A. S. Cesar

 

A todos os amigos e colegas da USP - professores, alunos e funcionários, um Ano Novo de muitas realizações.

À equipe do Stoa, um agradecimento especial a cada um de vocês. Parabéns pelo excelente trabalho desenvolvido por todo este ano. 

Um grande abraço a todos!

Ana

 

http://aplanicie.files.wordpress.com/2008/01/070101_ano-novo.jpg

 

Para você ganhar belíssimo Ano Novo
cor do arco-íris, ou da cor da sua paz,
Ano Novo sem comparação com todo o tempo já vivido
(mal vivido talvez ou sem sentido)
para você ganhar um ano
não apenas pintado de novo, remendado às carreiras,
mas novo nas sementinhas do vir-a-ser;
novo até no coração das coisas menos percebidas
(a começar pelo seu interior)
novo, espontâneo, que de tão perfeito nem se nota,
mas com ele se come, se passeia,
se ama, se compreende, se trabalha,
você não precisa beber champanha ou qualquer outra birita,
não precisa expedir nem receber mensagens
(planta recebe mensagens?
passa telegramas?)
 


Não precisa
fazer lista de boas intenções
para arquivá-las na gaveta.
Não precisa chorar arrependido
pelas besteiras consumidas
nem parvamente acreditar
que por decreto de esperança
a partir de janeiro as coisas mudem
e seja tudo claridade, recompensa,
justiça entre os homens e as nações,
liberdade com cheiro e gosto de pão matinal,
direitos respeitados, começando
pelo direito augusto de viver.
 


Para ganhar um Ano Novo
que mereça este nome,
você, meu caro, tem de merecê-lo,
tem de fazê-lo novo, eu sei que não é fácil,
mas tente, experimente, consciente.
É dentro de você que o Ano Novo
cochila e espera desde sempre.

 

Carlos Drummond de Andrade

Receita de Ano Novo, publicado no "Jornal do Brasil", Dezembro/1997.

 

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